Présentation

Prison-possession

Avant-première

le 5 avril 2014

Théâtre, création 2014 - De et avec François Cervantes – Compagnie L’entreprise

le 5 avril 2014
18h30

Prison-possession

Avant-première

L'entreprise - cie François Cervantes

« La prison coupe les liens qui reliaient un individu aux autres et au monde. Un homme est amputé du monde et le monde est amputé d’un homme …»

François Cervantes écrit à partir d’échanges de correspondances avec des détenus pendant plus d’une année. Un texte pour un homme seul, l’auteur, « habité » par un détenu,  et qui parle à travers lui.

 

"Janvier 2012 : je visite la prison du Pontet. Le bibliothécaire me raconte que les détenus veulent de la poésie ou des autobiographies, pas des romans. Certains deviennent mordus de lecture en prison. Trois mois plus tard, dans une lettre, l’un d’eux m’écrit : je tiens un livre comme si j’avais ma vie entre mes mains, je ne peux plus le lâcher, je veux connaître la fin

Je commence une correspondance avec des détenus
Je me dis que dans une prison, chacun est seul : la prison ne fait pas groupe
L’expérience de la prison n’est pas universelle
L’homme n’existe QUE collectivement, socialement
Cette privation de liberté, elle ne se partage pas, elle est indescriptible : c’est ce que tous me disent au fil des lettres. Quand je leur écris que je comprends, ils me corrigent : non, tu ne peux pas comprendre
La prison coupe les liens qui reliaient un individu aux autres et au monde
Un homme est amputé du monde et le monde est amputé d’un homme
Et couper ces liens, c’est couper ses pensées
Je retrouve le rythme oublié du courrier, la circulation des enveloppes, les timbres, la découverte des écritures tracées à la main
Cet espace entre deux personnes, immobiles, une lettre à la main, devient vibrant
Notre relation ne ressemble à rien d’autre : ce n’est pas une amitié, ni une fraternité, rien… C’est une relation magique, je m’en rends compte peu à peu, et nous sommes tous les deux consentants
Je retrouve mes premiers moments d’écriture, ceux de l’enfance : j’apprenais à écrire pour apprendre à parler

Au bout de quelques mois apparaît un texte que je commence à écrire : un détenu nous parle à travers un acteur qui est face à nous : nous ne voyons rien du détenu, nous ne voyons que le visage de l’acteur, nous n’entendons que la voix de l’acteur, mais les pensées du détenu nous parviennent, il est là…

La création d’une communauté invisible à laquelle on se sent La création d’une communauté invisible à laquelle on se sent appartenir."
François Cervantes

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