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Les principes actifs

Expérimentation

Les « principes actifs » sont les rails de la pensée de la Friche la Belle de Mai. A la fois fondateurs et toujours à l’œuvre, ils servent de ciment à la réalisation d’un « projet culturel pour un projet urbain ».

Les principes actifs

Expérimentation

 

La permanence artistique

L’œuvre n’advient pas par magie. C’est le fruit d’un labeur quotidien. Peut-on imaginer une entreprise sans employés, un artisan sans local et sans aucun instrument de travail ? Evidemment que non ! Et ce qu’elle ne saurait concevoir pour les autres professions, la société semble l’accepter pour les artistes, qui en majorité n’ont pas de lieux pour travailler.

La Friche, elle, par sa grandeur et son grand nombre d’espaces peut offrir ces lieux de travail aux artistes et permettre, de surcroit, une simultanéité de projets. Ici, sculpteurs, comédiens, peintres, photographes, danseurs ou même graffeurs peuvent prendre le temps nécessaire à leur écriture et à leur production.

La permanence artistique à la Friche est une nécessité, notamment dans la perspective d’instaurer une relation durable à la ville et ses citoyens. Pourquoi ? Parce qu’aujourd’hui créateurs et publics cherchent d’autres relations, fondées sur la réinscription du rôle de l’artiste dans la société et dans sa cité.

 

Tous les publics, toutes les disciplines artistiques

La transversalité artistique et le mélange des publics sont la pelle et la pioche d’une longue opération de "bouturage" pour que chacun puisse se sentir « chez lui » avec les « siens » et accepter d’être « bousculé » et emmené sur d’autres « territoires ».

Des bébés à la Crèche jusqu’aux parents dans les expositions du Panorama, en passant par les tout-petits aux spectacles du Théâtre Massalia, les adolescents au Skate Park, et les jeunes adultes aux concerts de musiques actuelles du Cabaret Aléatoire…La Friche a un crédo : l’exigence artistique et le croisement des pratiques et des publics.

 

Une fabrique d’art et de culture et un espace de vie

Avec une parcelle de ville de cette importance, il est fondamental de penser collectivement la Friche comme un espace de continuité urbaine, un lieu de vie et de pratiques sociales.

Ici, on fabrique, on produit, on diffuse et on partage de l’art et de la culture. Mais comme dans n’importe quel quartier, on peut aussi se promener dans les rues, flâner dans les espaces publics, manger ou boire un café aux grandes Tables, déposer son enfant à la crèche et l’emmener s’amuser à l’aire de jeu, acheter ses fruits et légumes au marché paysan, ou encore cultiver sa parcelle dans les jardins familiaux et collectifs…

A la Friche, on pense de nouveaux rapports à l’activité, au temps libre, à l’art…Et si y venir était aussi banal qu’aller chez le boulanger du coin…pas plus, mais pas moins ? 

 

Une économie créatrice

La démarche de la Friche correspond à une vision économique non productiviste. Les activités régulières de production, de diffusion, de vente et de formation ont des retombées financières très concrètes sur le territoire local, voire international. L’impact et le poids de ces retombées permettent aujourd’hui d’affirmer de façon crédible l’émergence d’un modèle économique fort. Et surtout durable.

La Friche génère par exemple de l’emploi dans divers corps de métiers (techniciens du spectacle, serveurs, professionnels de la communication, artistes, personnels d’entretien, architectes, etc.) et c’est en ce sens, qu’elle peut affirmer que la culture participe au développement économique.

 

Le budget d’activités de la Friche représente un total estimé à 11,5 millions d’euros.

 

Produire autrement… pour diffuser autrement

Quelque que soit le domaine, l’artiste n’œuvre jamais seul (même l’écrivain le plus solitaire a besoin d’une maison d’édition et de diffuseurs pour être lu). La « sociabilisation » de son travail implique beaucoup de monde, beaucoup de métiers. Les enjeux de création, de production, de médiation et de diffusion sont alors interdépendants. Il s’agit bien d’une chaîne, mais sans premier ni dernier maillon et surtout sans maillon faible.

Cette refondation de la notion de production est porteuse d’innovation et d’expérimentations esthétiques, sociales et économiques. Pour chaque projet, il faut inventer le dispositif d’accompagnement qui sera le plus judicieux. Il faut réfléchir aux meilleurs moyens de le donner en partage avec les gens. Un tel fonctionnement favorise les croisements entre les disciplines artistiques, entre les producteurs, entre les artistes… Et, bien sûr entre les publics.

 

Du local à l’international et vice-versa

Le grand défi de la Friche est de s’ouvrir conjointement sur son territoire d’implantation et le plus largement possible sur le monde. Ces deux orientations, loin d’êtres contradictoires, sont au contraire complémentaires. Il est impossible de prétendre être en phase avec son environnement sans se soucier de cultures parfois très éloignées… qui peuvent être celles de nos voisins. Qui plus est à Marseille ! Dans cette ville cosmopolite aux portes de la Méditerranée, où les cultures sont à la fois proches et lointaines, les projets internationaux peuvent trouver un véritable écho dans l’environnement immédiat.

 

La relation de la Friche avec le territoire de proximité

La Friche, qui a pris le nom de son quartier Belle de Mai, affirme par de multiples formes, des plus « cadrées » aux plus informelles, sa volonté de se mettre en relation avec son territoire le plus proche.

Avec son service éducatif, ses médiateurs, son dispositif CUCS (Contrats urbains de cohésion sociale), ses projets participatifs (Quartiers créatifs ; Si j’étais Jorge…), ses moments de partages (Entrez, c’est le chantier ; les visites guidées, les « causeries »…), et ses grands évènements gratuits (les 48h Chrono, Belle & Toile, ciné-pique nique en plein air), la Friche la Belle de Mai essaie de développer des actions transversales avec son quartier, ses habitants, ses structures associatives, éducatives et culturelles.

 

L’activité internationale, plus de 200 partenariats avec des artistes, opérateurs ou institutions étrangères

Plus de la moitié des résidents de la Friche sont impliqués dans des projets internationaux (coproduction, diffusion, résidences, échanges de compétences). Une quarantaine de pays sont concernés dans le monde, principalement en Europe, au Canada, au Moyen-Orient et au Japon.

Ces initiatives à l’internationale dépassent l’envie de faire connaître une œuvre au delà de ses frontières de création. Elles visent à développer la coopération, l’échange de compétences, la formation, l’aide à la création, la mise en réseau d’acteurs culturels (Implication dans le réseau Artfactories/autre(s)part(s), Trans Europe Halles).

De par sa position aux portes de la Mer Méditerranée, la Friche la Belle de Mai a évidemment mis l’accent sur ses relations avec les pays du monde arabe en développant un projet soutenu par l’Union Européenne : Les Dramaturgies Arabes Contemporaines.

 

Garder de la friche dans la Friche

Cultiver un espace urbain est une entreprise délicate, en constante mutation. Rien ne doit être figé afin de pouvoir répondre, voire anticiper, les transformations,. Voilà pourquoi la Friche s’est toujours engagée à bâtir des cadres souples et évolutifs.

Le projet doit laisser une place à l’imprévu. Tout ne peut pas être programmé à l’avance. Il faut certes des cadres, mais qui n’enferment pas pour autant. La Friche accueille des projets, des producteurs, des événements « extérieurs ». Elle demeure accueillante pour des propositions non-déterminées par avance. Elle est attentive aux nouvelles générations de créateurs et d’habitants. Elle encourage l’hybridation des pratiques, les croisements entre l’art et l’urbanisme, l’économie, le social, l’éducation, la philosophie, l’histoire… Et surtout elle aime « aller là » où l’art a à apprendre d’arts de vivre.

Dans le même esprit, le programme d’équipement et d’aménagement n’est pas clos. Il cherche à conserver de la friche dans la Friche, résistant à la normalisation des espaces et des fonctions. La programmation de ce chantier reste évolutive et garantit une réversibilité des espaces. Des espaces sont laissés en jachère, des “espaces possibles”, non attribués a priori, donc plus facilement partageables. Il s’agit, ici aussi, de garder une souplesse d’utilisation la plus grande possible, sur la plus grande surface possible.

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