Présentation

Le logement social participatif : un modèle à inventer

La Friche la Belle de Mai questionne la norme en matière d’habitat, de logement social et de vivre-ensemble.

La Friche la Belle de Mai, en tant que ‘laboratoire urbain’ porteur d’un ‘Projet Culturel pour un Projet Urbain’ (PCPU), a souhaité expérimenter la réalisation de logements sociaux sur son site. Par la même occasion, elle questionne la norme en matière d’habitat, de logement social et de vivre-ensemble. Exprimé en 2008 sous l’appellation ‘Logements sociaux dénormés’, le projet « Habiter la Friche » est né en 2014, suite à plusieurs ateliers interdisciplinaires. Avec l’idée « qu’insérer du logement dans des friches reconverties sera l’acte final d’une lente procédure de renaissance. » (Cf. Schéma directeur ‘Jamais 2 sans 3’)

Des "logements sociaux dénormés" au projet ‘Habiter la Friche’ :

Une des spécificités de la ‘manière Friche’ de faire du projet urbain est d’associer la maîtrise d’usage à chacun de ses projets. En ce sens, l’habitat participatif à été le mode d’habitat idéal pour ce projet.

 

Institutionnellement, l’habitat participatif est définit comme :

« une démarche citoyenne qui permet à des personnes physiques de s'associer, le cas échéant avec des personnes morales, afin de participer à la définition et à la conception de leurs logements et des espaces destinés à un usage commun, de construire ou d'acquérir un ou plusieurs immeubles destinés à leur habitation et, le cas échéant, d'assurer la gestion ultérieure des immeubles construits ou acquis. »
(Loi ALUR, art.22)

 

Dans le « Livre blanc de l’habitat participatif », il est inscrit que :

« ce terme fédérateur désigne toute une série d’initiatives dont l’objectif est la recherche d’alternatives aux cadres de production classiques du logement, en positionnant l’usager au cœur de la réalisation et de la gestion de son lieu de vie. Par les qualités qu’il porte en lui et les valeurs qu’il met en application, l’habitat participatif répond à des enjeux relevant aussi de l’intérêt général. […] A cette condition, il pourra s’imposer comme une voie alternative d’accès au logement aux côtés du parc privé et du logement social. ».

 

Si la majorité des projets d’habitat groupé se sont développés en autopromotion, voir en autoconstruction, une ‘seconde génération’ de projets a vu le jour, au début des années 1990. Se développant en lien étroit avec les professionnels du logement (bailleurs, architectes, AMO), celle-ci a l’avantage de sécuriser les projets, encore tributaires de leur complexité et leur novation.
Encadré par des professionnels de l’habitat participatif et du logement social, ‘Habiter la Friche’ s’inscrit pleinement dans ces projets de ‘deuxième génération’. 

 

L’outil du ‘logement social’ :
D’une part contrainte par le Bail Emphytéotique Administratif (BEA) ; d’autre part, animée par la volonté de remettre en question les modes d’habitat majoritaires (individuel pavillonnaire ;  HLM)… La SCIC s’est inscrit dans un nouveau mouvement : celui du Logement Social Participatif (LSP). Quelques projets semblables existent déjà : les ‘Naïfs’ (Meylan, 38), le ‘Praxinoscope’ (Montreuil, 93), ou encore, ‘Lieu Commun’ (Strasbourg, 67). Une fois les logements livrés, ‘Habiter la Friche’ sera le premier projet de Logement Social Participatif de la région PACA.
Ici, les bailleurs sociaux (Sud-Habitat ; Maison Familiale de Provence) sont les garants de l’opérationnalité du projet. La SCIC, en partenariat avec les AMO, garantissent le bon déroulement du processus participatif.

 

Comme dans les projets suscités,  se rencontrent deux mondes à priori opposés : celui de la production de logement social, normé, garant d’une objectivité républicaine ; celui de l’habitat participatif, nécessitant un processus plus long, hors-norme par essence car particulier à chaque projet. Une fois de plus, la Friche contribue à créer des inter-mondes et répond à des enjeux contemporains de société.

 

L’invention d’un nouveau modèle :
En tant qu’innovation sociale, ce projet se confronte encore à de nombreux freins. Certains, communs à tous les projets de Logements Sociaux Participatifs, ont été relevés dans une étude produite par les associations l’Epok et l’EchoHabitants (consultables ici ). D’autres, sont propres à chaque conjoncture locale.

 

Dans un premier temps, la réussite des projets de Logement Sociaux Participatifs n’a d’autre choix que d’avancer au cas par cas. Dans un second temps, une des conditions de sa massification est bel et bien sa reconnaissance institutionnelle.
Concernant le projet « Habiter la Friche », des solutions avec les collectivités locales (Région PACA, CU MPM, Ville de Marseille) et l’état ont pu être trouvées pour assurer sa mise en œuvre.  Celles-ci seront détaillées dans un prochain article…

 

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