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Lauren Tortil

Artiste en résidence chez Triangle France de mai à juillet 2014

Lauren Tortil

Artiste en résidence chez Triangle France de mai à juillet 2014

Triangle France

Née en 1986, vit et travaille à Lyon.
Je vagabonde. D’un là-bas connu vers un autre indistinct. Il y a toujours un point de départ, le premier souffle et une zone traversée : expériences physique et mentale à partager. Ce n’est pas tant le point d’arrivée qui m’importe que les changements d’état à percevoir : si j’anticipais un dessein par une trajectoire déterminée, je souhaiterais des basculements imprévisibles. Se prêter au jeu de fixer un but en se maintenant dans l’attente de l’inattendu. Cet inattendu, je le retrouve aujourd’hui dans l’instabilité même du phénomène sonore. Matière de prédilection, le son et ses manifestations ne se contrôlent pas, ou en tout cas, je les désire incon trôlables. Le seul pouvoir que je m’accorde est de définir des dispositifs, installations ou situations d’écoute pour créer des être ensemble : une relation dynamique entre un espace, le son qui s’y propage et le corps des sujets percevants en tant qu’auditeurs-acteurs de leur propre écoute.
Quelles formes dʼagencement proposer alors pour permettre lʼexpérience auditive et collective? Comment rendre cette expérience personnelle intensément publique, partagée, et lʼexpérience publique distinctement personnelle? Quelles situations de spatialité soumettre pour que le son, lʼespace et lʼauditeur entretiennent une relation active? Mon mode opératoire se nourrit de lectures glanées en chemin. De l’architecture à l’acoustique, de la musicologie à la philosophie politique, je prends, j’assemble, construis, je rêve, je teste en espérant y voir surgir du sens : je choisis l’espace (ou le crée) pour ses qualités symboliques, matérielles et acoustiques, puis j’opte pour la source sonore en tant que présence initiale, l’action que je lui inflige (permutation, transposition, délocalisation...) et les canaux de captation et transmission. Une fois l’agencement écrit, les scénarii restent ouverts et par la magie du phénomène, le son reconstruit l’espace, l’espace contient les corps, le corps influe le son et je me raconte des histoires : le son s’incarne et l’auteur disparaît. Alors le son vagabonde. D’un là-bas connu vers un autre indistinct. Il y a toujours un point de départ... [feedback]

 

Après l’obtention de son DNEP en 2010 à la Hear à Strasbourg où elle s’est enrichie d’un va-et-vient entre deux disciplines : l’art sonore au sein de l’atelier Phonon dirigé par Philippe Lepeut et l’étude du design au près de Pierre Doze, elle quitte la France pour intégrer la Bezalel Academy of Arts and Design en Israël/Palestine, où elle oriente ses recherches sur la nature politique de l’art et du design. De retour en France en 2011, elle intègre l’Ensba de Lyon dont elle sort en 2013, diplômée de l’option design d’espace avec les félicitations du jury. Elle a participé à plusieurs expositions collectives, notamment «Imaginez Maintenant» au Centre Pompidou à Metz, «Vortex tour» à la Chaufferie (Strasbourg), «Barbur performing» et «Lost in the bubble» en Israël/Palestine, et plus récemment à la Sunset résidence pour «Existe-t’île?» avec le collectif Manuel.

 

Sa résidence à Triangle France
Depuis mon arrivée à Marseille, je me consacre au «Südwall». Fortifications côtières construites pendant la seconde guerre mondiale, ces espaces m’interpellent autant pour leur portée symbolique que pour leur qualité acoustique à réfléchir les sons. Exclusivement bétonnées et démunies de vie, les expériences que j’y projète consiste en la création d’une installation sonore in-situ «par et pour» les qualités acoustiques du lieu : réveiller ces dormeurs au soleil en jouant de leur fonction militaire originelle mais désuète ; exploiter leur matérialité pour révéler via le son, leur valeur poétique de bâti abandonné.

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