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La Crèche

Une réhabilitation environnementale

Réhabilitation d’un réservoir d'eau (bassin d’incendie des anciennes manufactures de tabac)

La Crèche

Une réhabilitation environnementale

C’est fin 2008 que les études architecturales de la crèche débutent. L’agence ARM Architecture – Matthieu Poitevin & Pascal Reynaud a conçu et réalisé, avec Clotilde Berrou comme chef de projet,  une crèche en pierre et en bois d’une surface de 603m² intégrant deux patios de 35m² et disposant d’un toit-terrasse de 450m².

 

MINI FRICHE

Comment faire grand dans un monde de tout petit ?

Comment voir tout le temps et de partout ou presque ?

Comment trouver de la profondeur de champ là où il n’y a pas de champ ?

Comment prendre de la hauteur dans un bassin ?

 

Bien sûr qu’on le garde le bassin parce qu’il est beau et parce qu’il raconte déjà une histoire, parce que ses murs sont en pierres avec du fruit, la pierre transformée en fruit, c’est pas une belle histoire ça ?

Et on le perce pour montrer toute son épaisseur, pour en montrer la chair !

Et puis dedans, en partant du principe que la diagonale est plus longue que la transversale, on construit le plan sur celle-ci pour gagner de la distance.

C’est un mikado de cloisons bien rangées autour des patios, et là-haut le toit devient un belvédère, seul endroit de la Belle de Mai duquel on voit la Bonne Mère.

Tiens, ça alors, le belvédère comme écho au panorama, les patios comme échos aux cours, le toit-terrasse comme écho ... au toit-terrasse.

Finalement, ça n’est peut-être qu’une question d’échelle,

la crèche ne serait qu’une mini-friche, tout pareil en petit.

à moins que les architectes n’aient vraiment pas beaucoup d’idées...

Si tous ces petits devenaient musiciens, plasticiens, acteurs, metteurs en scène, poètes...

Pourquoi pas ?

Matthieu Poitevin

 

 

PARTI PRIS URBAIN ET ARCHITECTURAL 

 

Un Observatoire : les petits voient de plus haut

 

L’objectif est de mêler le monde protégé de la petite enfance à ce lieu ouvert sur le quartier, et de rayonnement international, qu’est la Friche la Belle de Mai.

Le bâtiment est de plain-pied et offre aux enfants une grande cour sur la toiture terrasse. C’est un observatoire : les trains qui passent, le montage de chapiteaux sur le parvis de la Cartonnerie, les livraisons de camions, les expositions éphémères…; la vie foisonnante d’activités de la Friche, et Notre-Dame de la Garde, et la ville. Par ce petit bout de terrasse, ils accèdent au grand paysage.

 

Un monde ouvert dans un espace protégé 

 

Le bâtiment s’organise autour de l’accueil et de la volonté programmatique de la  rencontre parents / enfants / personnels. Il y a des espaces pour les bébés, des autres pour les enfants qui marchent, une bibliothèque pour les enfants et les parents. Ils s’organisent autour de patios intérieurs permettant aux enfants des différentes sections habituellement si cloisonnées de se découvrir, de se voir grandir, de sentir les odeurs et d’écouter les bruits, de passer de l’une à l’autre. 

Ici, pas de couleur aux murs : On les laisse entrer avec les jouets, les doudous, le mobilier et les petits plats cuisinés par un(e) chef des Grandes Tables. Au sol, une piste grise fait le tour des sections, matérialisant cette boucle.

 

Réhabilitation environnementale

 

Le bassin initial a été conservé. Les pierres d’apparats découpées en tête du bassin, ont été récupérées et positionnées devant le bâtiment, en finition, au sud du bâtiment devant le parking. En plus de la fonction de protection par rapport aux voitures, les pierres découpées en biais et juxtaposée génèrent des vides, dans lesquels des plantations d’agrément ont été installées dans le cadre d’un programme de jardin urbain expérimental.

La crèche veut offrir un environnement de qualité. Le projet a obtenu une reconnaissance de sa démarche de construction durable par le pôle BDM (Bâtiments Durables Méditerranéens) avec une évaluation par son système de garantie participatif au niveau Argent. L’enveloppe atteint une performance énergétique de BBC -50%.

 

Le choix des matériaux

 

Le choix des matériaux a été effectué en poursuivant l'objectif environnemental : plafond amenant l’inertie, voiles lourds et menuiserie bois, matériaux de finitions peu polluants, différenciation des réseaux de chauffage UTA cuisine, et chauffage, intégration des différents  éléments de métrologie, mise en place d’un système d’éclairage à commande contrôlée.

Le projet s'intègre au mieux structurellement à la construction existante par le choix d'un radier sur l'ensemble du bassin. La structure poteau-poutre est complétée en plancher haut par un complexe hourdis, isolation, dalle de finition en béton. Le clos couvert est terminé par un complexe de bardage et menuiseries bois, issu de forêts gérées durablement (label PEFC). L'ensemble du bâtiment est isolé en ouate de cellulose projetée.

 

La sélection opérée pour le second œuvre vise à limiter l’émission de polluants (sol souple, peintures, vernis, faux plafond). Le mobilier en bois composite a été fabriqué sur mesure, par une filière locale et artisanale, designé par J. Végis & Bouchier et construit par Vinvent et Lyra Reviron (Jardin de l'Attelage). Le vernis est adapté aux enfants (naturel - sans aldéhydes), l’assemblage n’utilise pas de colle (fixations en inox).

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