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Comment ça marche ?

Un fonctionnement particulier pour un lieu particulier

Une SCIC, des producteurs, des artistes…des individus, un collectif.

Comment ça marche ?

Un fonctionnement particulier pour un lieu particulier

 

Une SCIC : un outil partagé et un modèle économique

En 2007, la Friche la Belle de Mai se constitue en SCIC : Société Coopérative d’Intérêt Collectif.

La forme associative a longtemps représenté un idéal de gestion démocratique et participative des projets. Mais aujourd’hui, elle n’apparaît plus forcément comme l’outil adapté pour développer des stratégies innovantes en lien avec le territoire et tous ses acteurs. Le pari de la SCIC : proposer un mode de gestion alternatif à l’économie libérale. La Friche a, en effet, refusé de s’inscrire dans une logique spéculative et c’est pourquoi, la SCIC cherche à dégager des financements croisés qui lui permettront de combiner rentabilité et vivre ensemble.

 

Le rôle d’une SCIC

La Société Coopérative d’Intérêt Collectif permet de s’ancrer dans le local tout en pensant dans le global. Elle mêle les approches macro et micro-économiques et vise à développer des formes d’économies productrices de richesses tout autant “marchandes” que sociales et solidaires. Elle permet de véritablement travailler à l’échelle des enjeux urbains, en termes de fonctionnement, mais aussi d’aménagement et répond ainsi aux usages multiples de la ville.

Les principes d’aménagement du lieu repose sur la diversification et le décloisonnement. Des équipements artistiques innovants, des structures de production et de diffusion se déploient au milieu d’autres fonctions et usages de la ville : crèche, commerces, jardins publics, parcours sportifs, logements…

 

La Ville, propriétaire. La SCIC, locataire.

La Ville de Marseille, partenaire fondateur aux côtés des autres collectivités territoriales (Conseil Régional PACA, Conseil Général 13) et du Ministère de la Culture, reste propriétaire des lieux, mais elle a en confié, via un bail emphytéotique, la responsabilité foncière à la SCIC. Les acteurs du site deviennent ainsi producteurs du développement de leur équipement. 45 000m2 pour 45 ans en plein cœur de la ville, une opportunité sans précédent !

 

La SCIC de la Friche la Belle de Mai, adaptée à son territoire

La SCIC de la Friche la Belle de Mai rassemble dans son conseil d’administration les principaux partenaires culturels et artistiques du projet, les usagers et les institutions publiques qui, depuis 20 ans, accompagnent le projet. Ils deviennent ainsi véritablement co-gestionnaires de la structure.

D’autres partenaires privés viendront également rejoindre la SCIC, puisque l’objectif n’est pas le développement d’un équipement, mais le développement du territoire sur lequel il est implanté.

 

 

Des artistes en résidence

Les artistes à la Friche sont résidents. Pour certains, comme à la Villa des auteurs, ils sont résidents invités dans la mesure où ils demeurent ici pour quelques jours ou semaines. Pour d’autres (la majorité en réalité), ils sont résidents permanents dans le sens où ils ont leur atelier, leur point d’attache à la Friche. Mais qu’ils soient là depuis le début de l’aventure, qu’ils viennent d’arriver, qu’ils soient résidents invités ou permanents, il s’agit toujours de leur offrir le temps et l’espace de travail nécessaire à la production d’un projet.

 

Des Producteurs artistiques

Depuis sa création en 1992, la Friche développe des dispositifs d’accueil qui permettent à des producteurs, résidents de la Friche ou invités, d’accompagner des parcours artistiques. Ceci étant dit, la Friche ne se substitue pas aux structures et aux démarches. Que ce soit pour les recherches, les écritures, les relations aux publics ou encore les partenariats économiques, les producteurs sont libres d’explorer par eux-mêmes ou avec la Friche.

 

Outres les producteurs résidents permanents, la Friche la Belle de Mai est aussi une plateforme d’accueil pour des projets portés par des opérateurs extérieurs, qu’ils soient programmateurs occasionnels ou compagnons complices de la Friche de longue date : Le festival les musiques du Gmem (centre national de création musicale), Dansem, festival de danse en Méditérranée de l ’Officina,  les rencontres du Cinéma Sud-Américain, ActOral, Marsatac, le festival de toutes les insurrections musicales…et bien d’autres encore.

 

 

Pollinisation vs Polarisation

La Friche est résolument pluridisciplinaire et pluri-fonctionnelle. En tant que lieu d’art contemporain, elle est particulièrement perméable aux croisements entre les pratiques. Et cette vision ne se cantonne pas à l’art. Elle concerne aussi les autres fonctions et usages de ville. La Friche n’est pas un lieu d’art mais de vie.

Les fonctions (création, production, formation, édition, diffusion...) et les disciplines artistiques représentés ici (danse, théâtre, art contemporain, musique… et aussi skate, cuisine, jardinage…) peuvent partager et mutualiser leurs problématiques, et à l’image de la nature qui progresse dans l’instabilité et l’imprévu, essaiment et interagissent.

Pour autant, la pluralité n’est pas la confusion. Les identités ne peuvent pas s’amalgamer. Lutter contre l’uniformisation exige la préservation des spécificités et des singularités. Cet équilibre doit prendre corps dans l’espace physique comme dans l’espace symbolique, dans la porosité entre espaces dédiés et espaces mutualisés.

 

Comment jouer collectif ?

Comme son nom l’indique, une SCIC (Société Coopérative d’Intérêt Collectif) induit un modèle « coopératif ». Sa mise en œuvre nécessite donc un fonctionnement collégial avec, comme dans un navire, une « direction », un cap à tenir. Tous les usagers et tous les utilisateurs ont donc leur mot à dire sur le devenir du lieu. De même que les collectivités, qui financent la Friche avec de l’argent public.

C’est par le débat contradictoire que le sens du lieu se définit, progressivement. Mais, comment la multiplicité des visions et des points de vue peut éviter de paralyser une situation ? Comment avec la singularité de chacun faire communauté ? Des questions auxquelles la Friche tente aujourd’hui de répondre pour continuer à avancer en innovant, comme elle l’a toujours fait.

La Friche ressemble à un village ou à un quartier. La vie du quartier repose sur la capacité à vivre ensemble avec ses différences.

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